Lutter ?

Inspirée par un tweet, j'ai repensé à un evenement survenu quelques semaines auparavant....

Une zone de travaux à proximité de chez moi, une rue qui dessert plusieurs habitations devient sens unique et oblige alors un détour pour de nombreux résidents. Ce midi là, je rentre de 2 heures de réapprovisionnement logisitique du foyer (plus communément appelé "les courses") avec un timing serré : déjeuner avec les enfants, les devoirs,.... je m'engage dans cette rue en suivant la flèche qui m'indique que je suis dans le bon sens ; effectivement, l'embarassement d'un côté de la chaussée ne permet pas le croisement.
Tout à coup, je me retrouve nez à nez ou plutôt "ptite twingo" contre "gros 4x4"...

le conducteur me fait plusieurs signes pour que je me pousse sur le côté et le laisser passer....de la même manière, je lui indique par des signes quil n'est pas dans le bon sens et qu'il se doit de revenir de là où il vient en marche arrière.... s'ensuit un échange de signes : les siens de plus en plus secs avec froncement de sourcils et les miens fluides ; je suis assise au fond de mon siège , j'ai expiré et j'observe, j'attends....  D'autres voitures arrivent derrière moi, suivies d'un bus,... Le "gros 4x4" se met alors en mouvement... mais contrairement à toute attente, en marche avant !! Euh...il ne peut quand même pas monter sur "ma ptite twingo" ??? Eh bien non, il monte 2 roues sur le trottoir et commence à me longer... Très bien, je me pousse comme je peux pour lui permettre de passer, sans animosité. 

La surprise fut de le voir donner un grand coup de volant pour se rabattre sur l'arrière de ma voiture et donc me percuter en pleine conscience !! Fenêtre baissée, une voix rageuse me dit "C'est con maintenant, on va devoir faire un constat". J'aurai pu entrer en lutte, répondre à sa colère, sa rage par de l'agacement puis de la colère puis une violente rage aussi. Et finalement, je l'ai laissé avec son émotion, son mal-être : j'étais personnellement dans un état de surprise mais d'ancrage, de pleine conscience à l'instant, sans cogiter à tout ce qui m'attendait derrière qui allait devoir être reporté, réorganisé,etc....

Il a alors fait marche arrière pour libérer la zone et nous avons, bien évidemment, procédé au constat de l'enfoncement du pare-choc de "ma ptite twingo". De façon factuelle, j'ai rempli les cases, dessiné le croquis avec les sens de circulation, récupéré le témoignage d'une voiture qui attendait derrière. Bref, j'ai constitué mon dossier calmement, sans fuite d'energie, sans colère : je n'ai pas alimenté la sienne. J'ai entendu sa voix s'apaiser au fur et à mesure des minutes qui passaient, son interrogation sur l'état de mon pare-chocs,...
J'ai conservé mon energie pour faire ce qui était à faire et j'ai poursuivi ma journée, bien évidemment marquée par cet accrochage mais surtout marquée par l'effet de cette "non-lutte", cette acceptation avait eu comme retentissement sur ma journée ensuite.

Alors oui ,j'aurai pu me pousser sur le côté pour le laisser passer quand il me l'a demandé la 1ère fois comme celà m'a été dit plus tard dans la journée. Mais n'est-ce pas installer une lutte à l'intérieur de moi-même : je me résigne à le laisser passer mais au fond je sais que je suis dans mon droit, que la situation n'est alors pas équilibrée ; cela induisait d'installer un équilibre des forces en présence : une dominée, un dominant.
En acceptant la situation, en lâchant cette dualité, rien de celà : un niveau d'energie stable, pas d'agitation, la faculté et facilité de passer à autre chose et de vivre pleinement l'après-midi, ponctuée par l'administratif induit par la situation.

N'est-il pas temps aujourd'hui de lâcher ces systèmes de lutte ? de domination ? pour entrer dans cette nouvelle année avec davantage de fluidité, de bienveillance, de sérénité et de positif Positif